Philippe Kerlo – Photographe

31 janvier 2019
Portrait noir et blanc de Philippe Kerlo


interview in situ

Bonjour Philippe,

Si tu me rencontrais pour la première fois, que me dirais tu de toi?

Je suis photographe, une passion débordante qui me pousse à développer d’autres choses en ce moment comme la vidéo, je commence à me consacrer pas mal aux œuvres artistiques et … voilà !  (il sourit).

Ok, tu fais de la photo, tu es en train de te diriger sur autre chose, mais ton envie de faire de la photo, ça vient d’où? Comment c’est né ?

Je pense qu’au tout départ c’était une vraie admiration d’avoir une mère artiste (peintures et sculptures), je voyais ceci comme un piédestal intouchable . Quand j’ai été mannequin, j’ai découvert la photo et c’est là que j’ai compris où y ai pris vraiment goût, j’ai senti que j’avais un œil et que du coup j’arrivais à faire des choses très artistiques, je me suis donc lancé.

Quels étaient tes premiers sujets ? Sur quoi t’es-tu essayé ?

En tout premier, j’avais ma copine qui était mannequin donc je faisais des tas de tests. Par la suite, j’ai assisté des photographes, dont William Laxton pendant plusieurs années, qui suivait des acteurs, des chanteurs, des artistes. Du coup, pour mes premiers boulots, j’ai commencé à faire des portraits d’acteurs, de gens du théâtre, du cinéma, des couvertures de CD, des chanteurs, pas mal de chanteurs…Je bossais pour un Label de reggae au début, j’avais 22 ans, j’ai fais les jaquettes de Burning Spears, Isac vibration, des groupes que moi je connaissais très bien car j’étais fan de reggae à cette époque-là . (Il rigole)

Donc tu pourrais dire que la photo est une vocation pour toi ?

Le sens de ma vie…Oui ça c’est vrai ! J’ai enfin découvert ce que je voulais faire… Créer et m’amuser … Ça fait 20 ans que ça dure (il sourit).

Si tu devais me parler de ce que tu vis et me donner envie de faire de la photo, qu’est ce que tu aurais envie de me raconter?

Et bien, en fait… beaucoup de projets artistiques… En fait ça évolue tout le temps, c’est difficile à dire…

Tu peux m’en parler ?

Je peux pas vraiment trop trop en parler…mais ce que je peux dire, c’est que ce sont des procédés photographiques qui se rapproche de la peinture.

Si tu devais me donner ton pire souvenir professionnel ?

J’en ai un mais je ne suis pas certain que ce soit bien d’en parler (il rit). J’ai fait un voyage au paradis qui s’est transformé en cauchemar. J’étais à l’Ile Maurice pour un catalogue de mode….Le client couchait avec la productrice … Cela m’a naturellement orienté, à la suite, vers d’autres univers de la photo.

Si tu devais choisir une de tes photos, laquelle serait-ce ? 

… C’est difficile cette question …(il réfléchit et regarde ses photos sur son portable)…Celle-là ça peut être pas mal…Ah oui tiens, ça c’est bien! … Une photo de mon fils, enfin des photos que j’ai faites avec les pieds et les mains de mon fils quand il était tout bébé. Ce sont les premières photos que j’ai faites avec lui et il intervenait sur le visage d’un mannequin, c’est un shooting affectif. Ah ! Si il y en a une autre aussi qui me vient à l’esprit, ce sont des projections de feu d’artifices sur des corps de femmes nues, la magie opérait. Sur la prise de vue en fait, à chaque photo j’étais impressionné par ces projections et j’adore le résultat. Bon ensuite, j’en ai plein d’autres (il s’anime), j’utilise souvent des techniques qui peuvent être aléatoires sur mes prises de vue ….J’adore tester, chercher …

Si tu étais ton plus grand choc artistique, lequel serais-tu ?

C’est surtout la première fois où j’ai vu le travail de vidéo de Erwin Blumenfeld. Moi qui essayais toujours des choses nouvelles en ayant l’impression que c’était des choses qui n’avaient jamais été faites, une fois que j’ai découvert son travail en vidéo, j’ai été bluffé car il avait testé plein de choses déjà à son époque et ça m’a bouleversé.

Si tu devais réaliser ton plus grand rêve professionnel, lequel serait-il ?

(Il réfléchit)….Vivre de mon art, vivre de mes expos, faire des expos (il rit). (nb : Il est exposé à compter du 24 janvier à la Galerie Pougatch pour sa série de photos « Picasso »).

Si tu étais un film, tu serais lequel ?

Je serais …. Mélodie en sous-sol…parce que j’ai été captivé du début à la fin par la beauté des images, le scénario, la perfection du film.. Mais il y en a plein d’autres ! Les films de Lynch, de Kubrick etc … Je suis un vrai boulilique de cinéma depuis l’enfance.

Si tu étais un tout petit garçon et que tu devais me raconter ta plus grosse bêtise ?

Ah non je ne peux pas raconter ! Non vraiment ce n’est pas racontable (il éclate de rire).

Si tu avais des super-pouvoirs, qu’est ce que tu changerais ?

Si j’avais des super-pouvoirs ? …. La téléportation pour aller chercher le soleil quand je veux (il rit).

Oui mais qu’est-ce que tu changerais dans le monde si tu en avais le pouvoir ?

Ah pour changer le monde … les gens qui n’ont pas de cœur ..

Si tu étais seul sur une île qu’est-ce que tu emporterais?

 

Ma femme et mon fils !

Si tu étais ta table de nuit, que soutiendrais-tu ?

Une lampe, un livre, le biopic de Bob Dylan que je n’ai pas commencé, mon ordinateur qui charge …. Et je ne dis pas ce que j’ai dans le tiroir (il éclate de rire).

Si tu étais une boule de cristal Comment te verrais-tu dans 10 ans ?

Heureux, au soleil, avec des expos, des projets avec des marques qui me laisseraient toute liberté d’action, de création … ce serait l’idéal !

Merci Philippe.

Photos : Philippe Kerlo / Retouches Chic-Paris Exposées en ce moment à la Pougatch Galerie au 105 rue Quincampoix 75003.

Caroline Seroussi